Dossier : Les produits biologiques (mis à jour le 15 janvier 2009)
Pour définir, l'agriculture biologique, il faut commencer par définir l'agriculture intensive. En effet, à la base, sans produit chimique, le sol est un milieu riche et adapté en matières minérales et organiques. La digestion de ces matières se fait naturellement par les bactéries, les vers ou encore les champignons du sol. C'est ainsi que les plantes se nourrissent de la terre depuis la nuit des temps. Mais on a voulu plus de rendement, moins de perte. Sont alors utilisés les produits chimiques. En opposition à l'arrivée de cette agriculture chimique, l'agriculture biologique n'utilise que des produits naturels pour limiter les pertes et permettre une culture satisfaisante.
Vu comme ça, le bio semble simple et cohérent avec la nature. Pourtant, arrivés sous forme d'aliments, le consommateur lambda (et même le consommateur averti) doit être vigilant. Depuis les années 80, le label AB sur les produits bio, permet de les reconnaître. Malgré cela, dans les rayons de nos supermarchés, ils sont mélangés à toute sorte de produits non biologiques aux qualificatifs naturels, sains, amaigrissants, etc...
Le choix est un peu plus simple si l'on se rend directement dans un magasin biologique où la majorité des produits est certifiée par l'un des organismes habilités à cela. Mais ce n'est pas non plus une garantie totale. En effet, certains produits vendus en boutique bio ne le sont pas et même parfois on ne sait même pas comment il sont fabriqués (le cas du fructose).
Il existe également des produits sans aucune indication, qui ne peuvent être certifiés. Il s'agit principalement du poisson sauvage et des algues. Pour ces produits, aucune garantie n'est possible. Seuls leur milieu naturel et leur bonne réputation nous font penser qu'ils sont bio. C'est en oubliant que les eaux des océans et mers ne sont plus très propres non plus....
Toute une catégorie de produits est également assimilée au bio sans trop savoir si c'est vrai ou non : ce sont les compléments alimentaires. La recommandation à la prudence sur ce type de produit est évidente. En effet, l'exemple des pesticides retrouvés dans des gélules de ginseng il y a une dizaine d'années a fait scandale. Mais est-ce que ça a suffi à faire stopper les industries du monde entier à produire toujours plus pour satisfaire une demande grandissante ? Je ne répondrai que par un seul mot : vigilance.
Donc, même si la demande se développe, la culture biologique française, elle, n'avance pas aussi vite et ne représente toujours que 2% de la totalité de la surface agricole. Ce qui oblige à importer une grande partie des produits biologiques.
Or, si l'on s'en tient à la réglementation européenne sur le biologique, les critères sont douteux : acceptation (certes, en infime quantité) d'organismes génétiquement modifiés et de produits chimiques… Etre sûr de consommer de vrais produits issus de l'agriculture biologique paraît donc plutôt aléatoire…
C'est dans ce contexte complexe et délicat que la FAO déclare pourtant que l'ensemble des hommes pourrait être nourri de l'agriculture même si elle était biologique. C'est évident que cela résoudrait le problème du vrai ou faux bio. Mais est-ce envisageable de demander aux agriculteurs du monde entier de changer toute leur façon de faire ? Est-il réaliste de faire passer la santé et le bien être avant le pouvoir économique des grandes industries (en l'occurrence les plus concernées ici sont les industries chimiques) ?
L'optimisme de la FAO est également remis en question par certains agriculteurs qui ne voient pas la production biologique comme la solution idéale pour l'environnement et par voie de conséquences pour les hommes. Pour eux, l'utilisation accrue en tant que pesticides de sulfates de cuivre et de soufre en agriculture biologique polluent le sol par phytotoxicité. Par ailleurs, Léon Guéguen, membre de l'Académie d'Agriculture de France voit des problèmes pratiques et économiques dans la mise en place d'une agriculture biologique. Pour lui, ce n'est pas l'agriculture de l'avenir car elle n'est pas durable.
C'est d'ailleurs vers une agriculture raisonnée que se penche toute une catégorie de professionnels. Agriculture où se rejoignent des produits chimiques réglementés et réfléchis et des produits naturels selon les besoins, la nature de la terre, le produit cultivé etc..
En parlant d'avenir, on peut également évoquer l'agriculture bio-dynamique qui veut redonner à la terre son pouvoir de fertilisation naturelle grâce à des remèdes spécifiques.
En attendant, gardons l'œil ouvert si l'on veut se nourrir réellement sainement tout en préservant l'environnement. Il n'est pas toujours judicieux de consommer des aliments biologiques si ceux-ci ont voyagé depuis le bout du monde. En saison, les fruits et légumes locaux peuvent très bien faire l'affaire, non ?
Pour nous aider, une association de consommateurs bio a été créée : consom'acteurs.
Mise à jour du 31 mars 2008 :
Si l'agriculture biologique n'est pas une agriculture durable, il semblerait que d'autres méthodes prennent plus en compte l'environnement. C'est en tout cas ce dont Kilroy nous a fait part sur un commentaire de NaturaVox où est également publié notre dossier. Il explique aussi pourquoi la culture raisonnée n'est pas forcément une bonne solution non plus.
Mise à jour du 30 mai 2008
Les poulets élevés et nourris de manière biologique pourraient avaler un plus grand nombre de métaux lourds que leurs congénaires élevés en batterie. Les raisons seraient la pollution de la terre sur laquelle se nourrissent les poulets. En réalité ce n'est pas tant le biologique qui est remis en question, mais le label qui certifie des produits qui ne le sont pas. Les critères sont aujourd'hui trop flous et trop hétéroclites d'un pays à l'autre pour assurer un aliment réellement biologique.
C'est évident que dans un contexte aussi brumeux, il est très difficile de faire ressortir des études montrant l'impact clairement positif d'une alimentation biologique. C'est bien dommage car il suffit de regarder pour comprendre l'intérêt. Vous mangez des végétaux, ramassés à maturité, qui ont poussé dans un cadre naturel qui leur est adapté. Vous consommez de temps en temps également de la viande d'animaux qui eux aussi se nourrissent de végétaux qu'ils trouvent dans la nature. Comment une telle alimentation ne peut-elle pas être supérieure à une alimentation basée sur le "toujours plus vite", "toujours plus carné" à grand prix de produits chimiques, manipulations génétiques ou réaménagement du milieu naturel ??...
Mais on oublie que l'on peut également manger de la viande, elle-même nourrie avec des végétaux biologiques. Les éleveurs, soucieux de l'environnement, respectent également leurs animaux en les laissant le plus possible vivre et grossir à leur rythme.
Mais les végétariens peuvent toujours dire que l'abattage reste inhumain. A DietiMiam, on ne remet pas en cause le fait qu'on puisse tuer pour se nourrir : d'autres espèces animales le font également de façon naturelle et ça ne choque personne. En revanche, l'homme est omnivore et n'a donc pas besoin de viande pour être en forme et encore moins pour survivre. D'autre part, l'abattage en tant que telle ne présente pas de respect pour l'animal qui nous le rend bien en étant stressé et dur ! Donc la viande bio oui, ça existe. C'est une viande de meilleure qualité gustative et nutritionnelle ? Oui sans doute. Mais une question reste en suspend. Bio ou pas, est-ce très écologique d'élever des animaux pour une espèce dont sa consommation n'est pas indispensable ?
En aout dernier, une alerte sanitaire américaine a accusé de la viande de boeuf d'être porteuse de bactéries. Les lots ont été retirés du marché : il semble que le nombre de victimes a donc été limité. Tant mieux.
Mais, derrière cette alerte sanitaire, se cache une autre information que nous trouvons des plus graves. En effet, la viande contaminée avait été achetée dans un magasin biologique. Et devinez où se fournit ce magasin bio ? Dans l'une des plus grandes boucheries INDUSTRIELLES des Etats Unis... Oui ! de la viande industrielle dans un magasin biologique ! Mais à quoi ressemble l'évolution vers la grande distribution biologique : une étiquette, une certification rapide et des manières automatisées de suivre les réglementations ?
Alors s'il vous plait, n'oubliez pas les petits producteurs qui, sans faire forcément du bio, protègent et respectent la Terre et les animaux (et les hommes bien sûr !) qui vivent dessus. Plus qu'une production biologique parfois mal faite, la consommation de proximité et de saison est le seul moyen de trouver encore un sens à notre alimentation.
Une AMAP est une association pour le maintien d'une agriculture paysanne. On a vu les premières apparaître en 2001. Les consommateurs, frileux à cette époque, ont progressivement été sensibilisés par ces initiatives. Ce qui fait que le nombre de AMAP ne cesse de progresser.
Les consommateurs intéressés peuvent s'abonner à une AMAP. Celle-ci établit un partenariat entre un groupe de consommateurs et un paysan installé à proximité. Ainsi, chaque semaine, les consommateurs ont à disposition un panier de produits provenant de cet agriculteur. Produits qui doivent répondre à des méthodes d'agriculture biologique et/ou écologique. Le prix des paniers est fixé à chaque début de saison par les consommateurs et le producteur réunis. Cela permet donc une facilité de gestion pour les 2 parties. Enfin, dans une AMAP, les consommateurs doivent également s'impliquer au sein de la ferme dont ils dépendent. Par exemple, ils doivent assurer quelques permances au moment de la distribution aux autres consommateurs.
Au 1er janvier 2009, la réglementation européenne en matière de production biologique va changer. Elle sera alors la même partout dans l'Union. Les spécificités (taux de pesticides et d'OGM autorisés très bas par exemple) que s'étaient donnés des pays comme la France vont donc disparaître.
Le seul moyen de résister est de créer des marques privées biologiques qui, elles, garderont cette rigueur. Puisque c'est la solution, les producteurs biologiques veulent faire les choses bien et répondre à notre demande.
La Fédération Nationale d'Agriculture Biologique est désignée pour créer cette marque. Mais elle a besoin de nous. Elle souhaite développer cette marque sur des critères que l'on attend, qui nous assurera une alimentation saine digne de ce nom.
Un sondage a été fait auprès des consommateurs de bio pour permettre à la FNAB de savoir comment on voit le bio, pourquoi nous le consommons (ou pas), quels domaines et/ou principes on associe au bio etc...
Céline 28/01/2009 à 22h15
l'agriculture biologique n'est pas une agriculture durable ?
bon bon bon, je ne vais pas m'énerver ;)
mais...quelle agriculture pourrait se venter d'être plus durable qu'une agriculture en harmonie avec la Terre, l'environnement, les êtres vivants quels qu'ils soient, et parfois même la lune et les astres ? Honnètement moi ça me plait comme programme.
Et puis agriculture bio ne veut pas dire "produits qui ont voyagé depuis le bout du monde" (viendrait il de notre petite presqu'île de Crozon ?! ^^). Une consommation de proximité, locale, est tout à fait en accord avec ses principes.
Cordialement!
En fait, ce que nous voulions surtout souligner c'est que l'agriculture biologique n'est pas LA solution. Il y a un grand nombre de producteurs qui cultivent avec respect de la terre et de ses habitants sans répondre exactement aux exigences du label bio. Ce n'est pas parce que c'est bio que c'est parfait. Il vaut mieux un producteur qui ait profondément la volonté de faire du sain qu'un producteur qui rentre dans des normes auxquelles il n'adhérerait pas complètement.
Céline 28/01/2009 à 22h15
l'agriculture biologique n'est pas une agriculture durable ?
bon bon bon, je ne vais pas m'énerver ;)
mais...quelle agriculture pourrait se venter d'être plus durable qu'une agriculture en harmonie avec la Terre, l'environnement, les êtres vivants quels qu'ils soient, et parfois même la lune et les astres ? Honnètement moi ça me plait comme programme.
Et puis agriculture bio ne veut pas dire "produits qui ont voyagé depuis le bout du monde" (viendrait il de notre petite presqu'île de Crozon ?! ^^). Une consommation de proximité, locale, est tout à fait en accord avec ses principes.
Cordialement!
En fait, ce que nous voulions surtout souligner c'est que l'agriculture biologique n'est pas LA solution. Il y a un grand nombre de producteurs qui cultivent avec respect de la terre et de ses habitants sans répondre exactement aux exigences du label bio. Ce n'est pas parce que c'est bio que c'est parfait. Il vaut mieux un producteur qui ait profondément la volonté de faire du sain qu'un producteur qui rentre dans des normes auxquelles il n'adhérerait pas complètement.
En gros, nous sommes d'accord !